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mardi 9 juillet 2013

A sainteté donnée, on ne regarde pas les dents : sainte Apollonie



Voici qu'en me baladant sur les pages d'un célèbre site d'enchères en ligne (vous saurez sous peu le pourquoi de ces flâneries...), je suis tombée nez-à-nez avec cet étrange objet...



Cette petite boîte circulaire au couvercle en verre bombé bordé d'un galon de passementerie à franges d'un mordoré quelque peu défraîchi, abrite, en effet, une surprenante association d'éléments.

Dans un anneau de bois sombre garni de quatre cabochons de pierres dures turquoise, apparaît un petit crâne, probablement sculpté dans de l'os (de quoi, ça, l'histoire ne le dit pas...) et placé au-dessus d'une paire de tibias miniatures posés en sautoir. Dans l'espace supérieur se déroule un phylactère de papier portant une inscription manuscrite à l'encre noire : "Dent de Ste Appoline"... Bon sang mais c'est bien sûr ! Ce bizarroïde morceau de matière blanchâtre curieusement planté dans la partie inférieure du médaillon n'est rien d'autre... qu'une dent humaine ! Et pas n'importe laquelle, s'il vous plaît, il s'agit là d'une dent-relique réputée directement tombée de la mâchoire de sainte Appoline, ou Apollonie, martyre du IIIe siècle et patronne des chirurgiens-dentistes.

mardi 29 janvier 2013

Exposition "Cluny 1120" (2012)...



...ou Monumentalité quand tu nous (me) tiens !

Des mois que je tripote virtuellement le concept, que je l'épie de derrière mes autres posts en cours, que j'attends de le passer dans mon alambic philosophico-contemplatif personnel... 
N'essaie pas, fais le, comme dirait l'autre. Mon X-Wing à moi à la forme d'une notion tarte à la crème que j'entends bien arracher aux marais glauques de l'opinion commune ! ... tout un programme... suivez le guide.



Mon point zéro : l'exposition "Cluny 1120" qui s'est tenue jusqu'au 2 juillet dernier au Musée National du Moyen Âge - Thermes de Cluny (le MNMA, pour les intimes et ceux qui doivent utiliser le nom plus de trois fois sur une même page).

mardi 20 mars 2012

Primus tempus - Printans - Printemps


Un peu de renouveau dans ce monde de brutes.

Le 20 mars, jour du plantoir (tout le charme rustique du calendrier révolutionnaire...), marque comme vous le savez le début du printemps dans notre hémisphère. Alors pour célébrer cette régénération en marche, je vous propose l'image suivante :

Chien poursuivant un lièvre (détail de la bordure inférieure)
Bréviaire franciscain - ms.0004, f.319v
prov. Milan / v.1430
Bibliothèque municipal de Chambéry

Pourquoi, me direz-vous ? Certes, rameaux fleuris et choux romanesco ne sont pas sans évoquer ici les beautés de la Nature au sortir de sa léthargie, mais les manuscrits médiévaux foisonnent de représentations sans doute plus éloquentes... Non. Le véritable enjeu du présent billet est en réalité ce lièvre, saisi ici dans le mouvement bondissant de la course car tentant d'échapper aux crocs du chien qui le poursuit.

mardi 13 mars 2012

Happy DDay Greg' !

Comme il me faut toujours une raison à tout, et pour ne pas écrire comme on court sur un tapis d'entraînement, je rôdais sur le net... je chassais... un déclic, une association d'idées, une image qui me ferait de l'oeil...

Saint Grégoire Ier inspiré par le Saint Esprit
Maître de Mazarine, Grandes Heures de Jean de Berry
Latin 919, f.100 - BnF, Occ.
© BnF
Eureka !! Hier c'était le 12 mars ! Jour de la mort de Grégoire Ier le Grand (540-604), glorieux pape du VIe siècle sans qui bien des étudiants en histoire de l'art n'auraient pu rédiger leurs introductions... car rappelons que, notre Grégoire, chef de projet d'une réforme éponyme, est également l'illustre auteur des fameuses lettres à l'évêque Serenus de Marseille, de 599 et 600, qui développent l'argumentation canonique en faveur de la fonction pédagogique des images : « les images doivent être placées dans les églises, afin que ceux qui ne savent pas les lettres lisent toutefois en regardant sur les parois ce qu'ils ne peuvent lire dans les livres », la Bible illustrée, tout ça, tout ça... Autant dire que Grégoire, c'est un peu la tarte à la crème de l'iconographie... mais c'est pour ça qu'on l'aime...
Alors, pour célébrer dignement cette pop star de l'histoire des images, j'ai décidé de me pencher sur l'iconographie de la Messe de saint Grégoire, sujet hybride qui se diffuse dans les arts à partir du XIVe siècle et associe la figure du saint pape au thème du Christ souffrant

lundi 12 mars 2012

Exposition "Sorcières. Mythes et réalités" (suite)

Troisième partie : les procès en sorcellerie

       Loin du grand et du petit écran, l'exposition organisée par le musée de la Poste nous invite aussi à découvrir la réalité historique au-delà du fantasme pour interroger la relation d'implication réciproque qui, somme toute, les unit. De la poule ou de l'oeuf... 
       Ce troisième temps de l'exposition se concentre sur les grands procès pour sorcellerie que connut la France du XVIIe siècle, mais par souci de clarté (et monomanie médiévalisante), je me propose de produire tout d'abord un bref résumé du pourquoi-du-comment-on-en-est-arrivé-là...ou du moins de ce que j'en ai compris...

Divination : Magicien invoquant des démons
Angleterre - vers 1360-1375
British Library, ms. Royal 6 E VI - f.535v
Les "chasses aux sorcières" ne voient le jour en Europe qu'au XIVe siècle où elles sont organisées aussi bien par l'Eglise que par le pouvoir séculier.
En effet, si les procès pour sorcellerie étaient menés par l'officialité (le tribunal ecclésiastique), la peine de mort, elle, ne pouvait être prononcée que par les magistrats siégeant aux tribunaux laïcs. De plus, les procès en sorcellerie ne visaient pas seulement à défendre la Foi mais également à réprimer ces êtres nuisibles qui, "causant dommage aux biens et aux personnes", portent préjudice au roi, en la personne de ses sujets.
Cautionnant elle-même de nombreux miracles et autres pratiques thaumaturgiques, l'Eglise s'était jusque là montrée plutôt tolérante à l'égard des guérisseurs. Elle avait également concouru au développement du savoir astrologique et à la naissance du concept de "magie naturelle" au sein de l'Université. Les autorités ecclésiastiques demeuraient en réalité sceptiques quant à l'efficacité réelle des pratiques magiques et ne combattaient pas tant les puissances maléfiques que le fait de croire en leur existence.

lundi 5 mars 2012

Exposition "Miniatures flamandes" - Bnf


 
Bien que la BnF n'ait pas vraiment besoin de moi dans son plan de communication, je ne résiste pas au plaisir de diffuser la bonne nouvelle : la Bibliothèque Nationale de France accueille, en effet, l'exposition "Miniatures flamandes" sur le site François-Mitterand (Galerie François Ier) à partir de demain mardi 7 mars. 

lundi 6 février 2012

Le vieux plomb de la semaine

Maurice d'Agaune, saint martyr et à cheval

Parce que toute promesse se doit d'être honorée et qu'une petite mise au point sur les types équestes dans l'iconographie des saints est toujours utile, l'homme du jour sera saint Maurice l'Egyptien, martyr du IIIe siècle célébré le 22 septembre et dont le foyer de culte fut dès le Ve siècle l'abbaye d'Agaune, plus ancienne abbaye toujours en fonction en Occident.
Et c'est encore un de mes vieux plombs fétiches qui tiendra lieu de point de départ dans cette enquête hagiographico-iconographique... Oscultons donc la bête...


Que voyons-nous ? Un cavalier nimbé et vêtu d'une armure, dont le casque, les cubitières et les genouillères sont nettement apparentes. De la main droite, il tient une hampe, ou peut-être un fer de lance, garni d'un gonfanon, tandis que du bras gauche il se protège d'un écu frappé d'une croix. Le groupe est figuré de profil, en arrêt, à droite. 

Le plomb historié ici présent appartient à la catégorie des méreaux, objets monétiformes aux multiples fonctions parmi lesquelles celles de substituts monétaires, de marques de présence ou encore de laisser-passer. L'objet, conservé au Musée National du Moyen Âge, mesure un peu moins de 30mm de diamètre et fut réalisé au moule dans un alliage de plomb et d'étain, probablement aux XVe ou XVIe siècle. Retrouvé dans le lit de la Seine par Arthur Forgeais (1822-1874) lors des dragages du milieu du XIXe siècle, il fut émis par la communauté de métiers des teinturiers parisiens, comme l'atteste l'inscription présente au revers "AUX TAINTURIERS DE DRAS DE LEINNE" (on distingue traditionnellement les teinturiers de draps de laines des teinturiers de soieries).

lundi 23 janvier 2012

Avis à la population : Colloque sur la sculpture médiévale - Paris, 30 et 31 janvier 2012

Oyez, oyez braves gens, damoiselles et damoiseaux !

La sculpture du Moyen Âge se raisonne et se met en scène les 30 et 31 janvier prochain à la Fondation Singer-Polignac et à l'Institut National d'Histoire de l'Art à Paris.

Veuillez trouver ci-après le programme de ces deux journées de conférences :



vendredi 30 décembre 2011

Exposition "Sorcières. Mythes et réalités"

L'Adresse Musée de la Poste
23 novembre 2011 au 31 mars 2012

© Anne-Sophie Lesage-Münch


Double, double, toil and trouble ;
Fire burn and cauldron bubble. 
(Shakespeare, Macbeth, Acte IV, sc.1)

"L'Europe des Esprits ou la fascination de l'occulte" au musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg, "Les fables du paysage flamand au XVIe siècle : du merveilleux au fantastique" au Palais des Beaux-Arts de Lille, "Von Schönheit und Tod. Tierstillleben von der Renaissance bis zur Moderne " (La Beauté et la Mort. Natures mortes animalières de la Renaissance à l'époque moderne) à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe et maintenant la sorcellerie au Musée de la Poste de Paris... l'Etrange, le Macabre et l'irrationnel ont le vent en poupe, et ça fait du bien ! 

Ne nous réjouissons pas trop vite cependant... Halloween se mange une main d'ennui devant le scepticisme soupçonneux des français, les têtes de mort envahissent les culottes en coton jaune poussin tandis que les vampires s'appellent Bill et brillent au soleil comme une Barbie Sirène Surfeuse sous les guirlandes du sapin...
De fait, et comme toujours quand il s'agit de connaître et de comprendre, le salut n'est pas dans la démocratisation mais bien dans l'éclectisme et la curiosité. Mais glissons, glissons, ...

vendredi 11 novembre 2011

Happy DDay Martin !

11 novembre, jour du Souvenir.... certes... mais pas que...
A long long time ago in a galaxy far far away, à savoir  le diocèse de Candes au jour du 11 novembre de l'an 397, saint Martin, évêque de Tours, expira.

Quid de saint Martin, en bref... Fils de soldat devenu soldat bien malgré lui, Martin, originaire de Pannonie,  partit défendre la Gaule contre les envahisseurs barbares. En garnison à Amiens, il offrit la moitié de son manteau à un pauvre dévêtu, épisode parmi les plus célèbres de l'hagiographie du futur évêque qui donna naissance au thème iconographique dit de la "Charité de saint Martin". Le schéma traditionnel de ces images, qui se développeront sur la plupart des supports de l'art médiéval, comprend la figure de saint Martin à cheval, coupant un pan de son manteau à l'aide d'une épée pour l'offrir au pauvre hère qui se tient devant lui.
Saint Martin partageant son manteau
Bréviaire à l'usage de Paris - Maître de Bedford ; Maître de Boucicaut
Paris - vers 1414
Châteroux BM - ms - 0002 / f.404v
© IRHT
Las d'occire du barbare et décidé à vivre en "soldat du Christ", Martin se plaça sous la protection de saint Hilaire de Poitiers, inaugurant ainsi une longue vie de conversion, de lutte contre les hérésies et de miracles en tous genres. Attaqué par des voleurs, il convertit l'un d'entre eux, empoisonné à l’hellébore, il survécut à force prières ; il ressuscita un mort pour lui donner le sacrement du baptême, rendit la vie à un pendu afin qu'il fasse pénitence. 

dimanche 6 novembre 2011

Le vieux plomb de la semaine

Enseigne de pèlerinage : saint Léonard

Quand le "Vieux plomb de la semaine" rencontre l'actualité... 

Figurez-vous qu'aujourd'hui dimanche 6 novembre, nous (quoique pour ma part, cela reste tout de même très théorique), nous, donc, célébrons la Saint-Léonard ! Une commémoration illustrée fort à propos par l'un de ces proverbes dont je mets quiconque au défi de faire usage dans une conversation courante "A la Saint-Léonard, tout la vermine part !"

Mais commençons par le commencement... la "menue choseite de plon" du jour... 

Enseigne de pèlerinage : saint Léonard
Alliage de plomb et d'étain moulé - H. 50mm x 35mm
Prov. de l'abbaye Saint-Léonard-de-Noblac (Haute-Vienne)
1ère moitié du XIVe siècle
cons. Musée National du Moyen Âge - Thermes de Cluny (Cl.23431)
© Anne-Sophie Lesage-Münch


mercredi 13 juillet 2011

Exposition "Maya. De l'aube au crépuscule. Collections nationales du Guatemala" - Musée du Quai Branly (Partie I)

Tout vient à point à qui sait attendre...

En Février dernier, souvenez-vous, la Pinacothèque de Paris devait renoncer à son exposition Les masques de jade mayas pour cause de très gros refroidissement dans les relations franco-mexicaines... RIP l'Année du Mexique en France...

Le Musée du Quai Branly propose, depuis fin juin, sa propre excursion en pays maya à travers la présentation de plus de 160 oeuvres provenant des collections nationales du Guatemala.  Optant pour un parcours chronologique, l'exposition utilise les découvertes de sites récemment explorés pour retracer les grandeurs et décadences de la civilisation maya avant de se clore sur une série de photographies contemporaines visant à démontrer la permanence de pratiques ancestrales dans la société guatémaltèque actuelle.



Pour commencer, quelques repères chronologiques....


... et géographiques....



dimanche 8 août 2010

Les arts asiatiques à Paris : un panorama du Musée Guimet

Musée national des Arts asiatiques Guimet
6 place d'Iéna 75016

Portrait d'Emile Guimet (détail)
Ferdiand Jean Luigini
Huile sur toile - 1898
Le Musée Guimet, actuel musée national des arts asiatiques, doit son nom à un industriel et collectionneur lyonnais, Emile Guimet, qui décida, à la fin du siècle dernier, de fonder un musée dédié initialement aux "religions de l’Égypte, de l’antiquité classique et des pays d’Asie". 
L'industriel fait alors construire un premier musée à Lyon sur l'avenue des Belges  (actuel musée d'Histoire naturelle) afin d'y présenter ses collections personnelles, ce à partir de 1879. 



Rapidement, le projet d'un transfert des pièces à Paris s'impose et Guimet finance la construction d'un musée-temple de style néo-grec place d'Iéna. Le nouveau musée est inauguré le 23 novembre 1889, en parallèle de la quatrième Exposition Universelle (celle de la Tour Eiffel, entre autres...). 



vendredi 6 août 2010

Le vieux plomb de la semaine

Enseigne de pèlerinage de Notre-Dame de Chartres


Oyez, oyez braves gens ! Voici que le maître des lieux (en l'occurrence moi) inaugure une nouvelle rubrique vouée à devenir hebdomadaire : "Le vieux plomb de la semaine".

Qu'est-ce à dire me direz-vous ? L'enjeu est ici de vous faire découvrir le sujet de toutes mes recherches de ces deux dernières années : les "plombs historiés", en particulier les enseignes (sortes des badges) et méreaux (objets monétiformes) de la fin du Moyen Âge, soit produits entre le XIIIe et le XVe siècle. Mais ne vous inquiétez pas, tout deviendra clair en temps et en heure...

Pour commencer cette immersion dans un quotidien médiéval peu connu, je vous propose cette enseigne de pèlerinage provenant du sanctuaire de Notre-Dame de Chartres probablement réalisée entre le fin du XIIIe siècle et la seconde moitié du XIVe. Actuellement conservée au musée Carnavalet, elle fut redécouverte par Arthur Forgeais, archéologue amateur et collectionneur de son état, dans la lit de la Seine au milieu du XIXe siècle.



mercredi 21 juillet 2010

Fleuve Congo - Exposition Musée du Quai Branly - Partie 3

Et nous voilà donc au dernier acte ! Ce troisième temps du parcours ravit mon petit coeur de féministe puisqu'il porte sur les représentations féminines dans les savanes subéquatoriales. Les oeuvres présentées, statues et masques, permettent d'apprécier la place éminente des femmes dans ces sociétés en mutation.
La femme a un rôle considérable en Afrique et son corps n'a jamais cessé d'être sublimé par les sculpteurs d'Afrique Centrale. Les  représentations féminines véhiculent des notions essentielles à la survie du groupe telles la fécondité et la fonction nourricière.
Jeune fille elle est initiée comme les hommes, mais son initiation est plus discrète. Femme et épouse, elle assure l'éducation de ses enfants. Avec ses soeurs et les co-épouses, elle participe à l'économie en ayant ses propres  plantations et des activités commerciales dont elle n'a pas à rendre compte à son mari. Elle jouit également de  diverses dérogatives dont celle, après la ménopause, de  rejoindre le clan très fermé des hommes sages (ndlr :je ne vois pas bien le rapport entre la sagesse et l'extinction des ovaires, mais bon... glissons...).
Tour à tour prêtresse, reine ou mère, elle peut aussi être investie de fonctions thérapeutiques ou divinatoires.Elle constitue le pilier essentiel autour duquel s'organisent les activités du quotidien.

Ceci étant établi...passons aux images...



Masque facial anthropomorphe, danse Okuyi, Tsangui
Gabon Oriental
bois de kapokier, pigments polychromes
Collection particulière, France





Fleuve Congo - Exposition Musée du Quai Branly - Partie 2

Lundi matin... je me remets donc au boulot pour vous présenter la deuxième partie de l'exposition du musée du Quai Branly Partie 1. Pour les esprits dissipés, un petit rappel.... ce second temps du parcours portait sur les reliquaires et les statues d'ancêtres, présentant donc essentiellement des coffres et statues-reliquaires créés par les différentes cultures d'Afrique Centrale, ce depuis les Fang jusqu'aux Tabwa.  


2. Reliquaires et statues d'ancêtres


Le culte des ancêtres est constitutif de la vie des cultures d'Afrique Centrale. Les crânes des ancêtres masculins du clan sont conservés, tout comme ceux des héros de guerre, des mères et des femmes réputées ou redoutées.
De nombreux peuples ont produit des reliquaires anthropomorphes, afin de protéger les reliques des ancêtres par une figure de gardien incarnant les traits d'un groupe déterminé. Les Fang ou encore les Kota, entre autres, ont quant à eux créé des statues liées à un panier contenant des reliques, appelées statues-reliquaires.


Passons à présent à quelques exemples...








Coffre-reliquaire anthropomorphe, Mbede
Gabon
Bois, pigments, fibres végétales, collier en coques de fruits, corne d'appel suspendue autour du coup
Musée du Quai Branly










Statue d'ancêtre, Teke
République Démocratique du Congo
Bois, pigments
Musée Royal de l'Afrique Centrale, Tervuren, Belgique








Statue-reliquaire anthropomorphe, Mbede
Gabon
Bois, pigments, métal, pâte de verre, cauris, fibres végétales, coquillages
Musée Dapper, Paris



dimanche 18 juillet 2010

Fleuve Congo - Exposition Musée du Quai Branly - Partie 1


L'inauguration de ce blog se fera donc sous le signe de l'Afrique... En effet, c'est bien d'Afrique Centrale dont il est en ce moment question au Musée du Quai Branly et ce jusqu'au 3 octobre prochain, pour ceux qui craindraient la chaleur des foules estivales.

Placée sous le commissariat de François Neyt, moine bénédictin et historien de l'art, professeur émérite de l'université catholique de Louvain, l'exposition "Fleuve Congo" se donne pour objet l'aire culturelle bantoue, laquelle englobe le sud du Cameroun, l'Angola, le Gabon et les deux Congos. 


La problématique autour de laquelle s'articulent les quelques 170 oeuvres rassemblées interroge les correspondances formelles entre les arts des différentes cultures qui s'égrènent le long du fleuve Congo.

Révélant une véritable koiné cultuelle, les arts d'Afrique centrale sont ici appréhendés au travers de trois thèmes principaux : 


Les masques et statues ayant un visage en forme de coeur
Les gardiens de reliquaires et l'importance de la figure de l'ancêtre
Les représentations féminines


1. Les masques en coeur

Il convient tout d'abord de faire un bref petit rappel terminologique pour souligner que le terme de "masque" prend une acception particulière en contexte africain. En effet, dans ces cultures tribales le masque désigne la partie en bois sculpté (le visage, cimier ou heaume),  l'ensemble du costume (accessoires, parures, etc.) voire les danses et les chants qui accompagnent les sorties de masques.  Le masque n'a pas pour vocation de dissimuler l'identité mais est utilisé comme un support vivant et animé pour incarné un autre être (génie, animal mythique ou fabuleux).